S'équiper pour la raquette

En collaboration avec Protégez-Vous

La randonnée est l’une des façons les plus simples de profiter de l’hiver. Vous munir d’une bonne paire de raquettes facilitera vos déplacements après une bordée de poudreuse ou dans les sentiers moins achalandés, lorsque la neige est plus dense et plus épaisse.

Taille, matériaux, forme des crampons, type de fixation… voici ce qu’il faut savoir pour bien vous équiper, selon vos besoins.

La Halte Studio | © Sépaq

Les types de raquettes

Les modèles « tout usage »

Les raquettes d’usage général conviennent aux personnes qui fréquentent les terrains plats ou vallonnés des parcs, où les pentes sont modérées.

Les modèles d’ascension

Munies de crampons plus « agressifs », les raquettes de « montage » sont conçues pour les terrains plus accidentés, avec des pentes plus fortes. Plusieurs modèles ont une talonnière, un talon mobile à dresser avant de s’attaquer à une longue montée abrupte. Dans ces périodes d’ascension, la talonnière vous aide à vous propulser en surélevant votre talon, ce qui n’est pas nécessaire dans les endroits vallonnés.

Les modèles de course

Les raquettes de course s’adressent aux sportifs et sportives qui aiment courir sur des surfaces où la neige est compacte. Légères et étroites, elles permettent des foulées dynamiques. Elles flottent toutefois un peu moins bien sur la neige que les autres modèles.

Les matériaux

Il existe des modèles de raquettes tubulaires et d’autres en plastique moulé.

Tubulaires

Le contour des raquettes tubulaires classiques est formé d’un tube d’aluminium. C’est à partir de ce tube qu’est tendue une toile (ou peau synthétique) maintenue en place par des rivets. C’est le modèle de raquettes le plus répandu sur le marché. Certaines variantes plus haut de gamme possèdent un cadre fait d’acier léger ou d’aluminium dentelé ainsi qu’une toile et des systèmes d’attache plus solides.

En plastique moulé

Les autres raquettes qu’on voit souvent sont celles en plastique moulé. Elles sont plus légères, mais aussi plus fragiles que les modèles tubulaires, puisque les points d’attache sont moins nombreux et peuvent finir par se casser. Un de leurs avantages, toutefois, est que le plastique moulé peut se tordre légèrement. Sur un terrain accidenté, cette flexibilité rend la foulée plus agréable et épargne les articulations.

Notons également que les raquettes en plastique moulé sont plus bruyantes que les tubulaires, surtout sur une surface tapée, ce qui peut devenir agaçant.

La taille

Selon le poids

Pour flotter sur la neige de façon optimale, vous devez vous procurer des raquettes dont la taille correspond au poids à supporter : votre poids et celui de l’équipement transporté.

La plupart des modèles ont une longueur de 20 à 36 pouces. Pour vous aider à déterminer la taille qui vous convient, le fabricant fournit habituellement un tableau associant le poids total à la longueur de raquettes requise.

À défaut d’y avoir accès, vous pouvez vous référer à ce guide d’achat de raquettes d’usage général ou d’ascension, un tableau publié par différents magasins d’équipements de plein air.

Poids total à supporter* / Taille20 à 23 po
(50,8 à 58,4 cm)
24 à 27 po
(61 à 68,6 cm)
30 po
(76,2 cm)
36 po
(91,4 cm)
80 lb (36,3 kg) Bonne Correcte
100 lb (45,4 kg) Bonne Correcte
120 lb (54,4 kg) Bonne Bonne Correcte
140 lb (63,5 kg) Bonne Bonne Correcte
160 lb (72,6 kg) Correcte Bonne Bonne
180 lb (81,6 kg) Correcte Bonne Bonne
200 lb (90,7 kg) Correcte Bonne Correcte
220 lb (99,8 kg) Correcte Bonne Bonne
240 lb (108,9 kg) Bonne Bonne
260 lb (117,9 kg) Correcte Bonne
280 lb (127 kg) Bonne
300 lb (136,1 kg) Bonne

*Correspond au poids de l’individu et de l’équipement qu’il transporte.

Selon le type de neige

Outre le poids supporté par les raquettes, vous devez aussi considérer le type de neige sur laquelle vous vous promènerez. Si vous comptez traverser des champs vierges après une grosse bordée de poudreuse, une grande surface vous permettra de mieux flotter sur la neige.

En revanche, si vous prévoyez parcourir seulement des sentiers fréquentés où la neige est souvent tapée, une trop grande surface sera inutile, voire encombrante. Vous pourriez alors choisir une taille plus petite que ce qu’indique le guide du fabricant.

Vous souhaitez faire un peu de tout? La paire de raquettes parfaite pour tous les types de randonnées et toutes les conditions de neige n’existe malheureusement pas. Vous devrez faire des compromis. Demandez-vous quelle activité vous pratiquerez le plus souvent et quelles seront les situations d’exception. Des raquettes qui correspondent à votre usage le plus fréquent seront plus pratiques et pourront sans doute vous satisfaire dans une situation exceptionnelle.

Parc national de la Gaspésie
Parc national de la Gaspésie Jean-Sébastien Chartier-Plante | © Sépaq

L’adhérence

Sur un terrain plat ou vallonné, les crampons des raquettes sont utiles, mais ils n’ont pas besoin d’être « agressifs ». Lors d’ascensions ou de descentes plus abruptes, c’est une autre paire de manches! Vous voudrez qu’ils mordent bien le sol pour vous permettre de monter sans trop d’efforts et de descendre en toute sécurité. Au‑delà de la taille et du nombre de pointes, observez leur disposition.

À éviter : des crampons en forme de main ou de pentagone

Ce style de crampon retient la neige, mais ne s’y cramponne pas. Si la neige est collante, elle peut s’y accumuler et former une boule désagréable sous votre pied. La chaleur de votre pied peut aussi faire fondre la neige sous la raquette. Celle‑ci risque ensuite de geler. Difficile, alors, de retirer cet amas glacé!

À privilégier : des crampons « en rails »

Une rangée de crampons à l’avant du pied, perpendiculaire à la longueur de la raquette, est un incontournable pour s’agripper en « montage ». Quant aux pointes à l’arrière et sur les côtés, elles varieront d’un modèle à l’autre. Placés ainsi, les crampons comportent très peu de risques d’accumulation de neige. Ils offrent aussi de la stabilité à l’avant, à l’arrière et sur les côtés, puisqu’ils sont souvent disposés sur toute la longueur de la raquette.

Parc national du Mont-Mégantic
Parc national du Mont-Mégantic La Halte Studio | © Sépaq

Le système de fixation

La facilité d’utilisation

Le type de fixation est un élément important pour le confort et la facilité d’utilisation des raquettes. Ajuster de nombreuses sangles sur les côtés ou en arrière en position penchée ou accroupie demande quand même un peu de dextérité et d’effort. Si vous êtes peu habile physiquement, optez pour un système d’attaches simple.

Il existe une foule de systèmes de fixation, certains plus sophistiqués et efficaces que d’autres. Bien entendu, de tels produits vous coûteront plus cher. Cependant, si cette dépense rend la pratique de l’activité plus agréable, elle pourrait en valoir le coût.

Lorsque vous vous rendez en magasin, apportez les bottes que vous porterez en raquette. Le personnel pourra vous proposer différents types de fixations afin que vous puissiez identifier la plus confortable pour vous.

Les matériaux

Les raquettes d’entrée de gamme ont souvent des attaches en tissu. Le hic? Si vous partez en randonnée de trois ou quatre heures, vos pieds dégageront de la chaleur, risquant de continuellement faire fondre la neige sur vos bottes. Cette humidité sera absorbée par le tissu des sangles de retenue, qui pourraient alors geler et devenir plus difficiles à ajuster et à retirer.

Si vous comptez faire des randonnées de plusieurs heures, optez pour des sangles de plastique. Un tel système de fixation est d’ailleurs facile à réparer en pleine aventure. Si la sangle de plastique retenue dans un crochet se brise, vous pourrez la remplacer par une simple corde et continuer à utiliser vos raquettes.

Le pivot

La plupart des produits en magasin sont conçus pour permettre à la raquette de ne pas être fixée sous le talon, ce qui correspond à un point de pivot articulé. Quand vous faites un pas, votre talon se soulève tandis que la raquette reste parallèle au sol.

Un modèle où le pied reste plutôt fixé sur le corps de la raquette suit vos pas avec précision. Cependant, vous risquez de vous envoyer de la neige sur les mollets, et même dans le dos, tout au long de votre randonnée. Avec les années, le système a été amélioré pour limiter ce désagrément, mais vous allez malgré tout catapulter de la neige sur vous si vous choisissez ce type de fixation.

La Halte Studio | © Sépaq

L’entretien

Prenez le temps d’inspecter votre équipement avant chaque randonnée. Vérifiez que tout est en ordre et fonctionne bien. Assurez-vous entre autres que votre système de fixation est toujours solide.

Pour éviter les mauvaises surprises pendant une sortie, préparez une trousse contenant des pièces de rechange ou du matériel (vis, écrous, etc.) pour remplacer ou réparer ce qui pourrait briser.

Enfin, après chaque utilisation, séchez bien les crampons de vos raquettes, car les dents de métal ont tendance à rouiller facilement.

Les bâtons de marche

Les bâtons de marche ne sont pas indispensables, mais ils offrent plusieurs avantages, surtout lors de longues randonnées.

Ils répartissent la charge entre le haut et le bas du corps, réduisant ainsi la pression sur les articulations et améliorant l’endurance. Ils augmentent aussi la stabilité en ajoutant deux points d’appui, ce qui aide à prévenir les chutes, particulièrement en terrain accidenté ou lors des descentes.

En hiver, ils empêchent également les mains de s’engourdir en les maintenant actives et surélevées. Enfin, ils aident à garder un rythme de marche régulier et peuvent être utilisés seulement lorsque la fatigue se fait sentir (vous pouvez les attacher à votre sac lorsque vous ne les utilisez pas).

La Halte Studio | © Sépaq

Les vêtements à porter

Pour que votre randonnée en raquette soit agréable, il est important de vous habiller adéquatement. Les propriétés isolantes des matières ainsi que leur capacité à laisser passer l’air et à évacuer l’humidité ont un grand rôle à jouer.

Le type de manteau

Les modèles en duvet

Les manteaux en duvet sont très chauds et conviennent si vos promenades ne sont pas trop exigeantes ou si vous avez tendance à avoir froid facilement. Si vous transpirez dans un manteau en duvet, l’humidité à l’intérieur risque cependant de devenir problématique. Apporter une doudoune (veste ou manteau matelassé) dans votre sac peut être pratique. Il suffit de la porter lors de vos pauses pour obtenir un gain de chaleur rapide.

Les modèles en fibres synthétiques

Ces manteaux sont un peu moins chauds que ceux en duvet, mais ils sèchent plus vite et respirent davantage. Leur isolant est confectionné à partir de fibres de polyester ou de polypropylène, qui retiennent la chaleur et conservent leurs propriétés thermiques même dans des conditions humides.

Les coquilles

Puisqu’elles sont dépourvues d’isolant, les coquilles doivent être combinées à d’autres vêtements, selon le principe du multicouche. Très respirante, la coquille souple est fabriquée dans un tissu mou, légèrement « laminé ». Elle peut être déperlante et coupe‑vent, mais elle n’offre pas une réelle imperméabilité en cas d’averse ni une résistance aux vents à toute épreuve. La coquille rigide est pour sa part protégée grâce à un enduit imperméabilisant ou à une membrane imper‑respirante comme la réputée GORE‑TEX. En plus de couper le vent efficacement, ce manteau est adapté à la pluie et aux conditions froides.

La technique du multicouche

Cette approche consiste à combiner plusieurs épaisseurs de vêtements en mettant à profit les propriétés des différentes matières les composant.

La couche de base

Sa fonction première est de retirer l’humidité de votre peau et de l’évacuer. Choisissez un vêtement confortable, plutôt ajusté, comme une combinaison. La laine, notamment la laine mérinos, est recommandée, tout comme les fibres synthétiques telles que le polyester. Oubliez le coton, qui retient l’humidité.

La couche intermédiaire

C’est cette couche qui vous garde au chaud, un peu comme l’isolant d’un manteau. Vous pourriez opter pour une veste polaire ou pour une doudoune en duvet ou en fibres synthétiques.

La couche externe

Elle vous protège du vent et vous garde au sec, qu’il neige ou qu’il pleuve. Les coquilles rigides ou souples, les manteaux isolés déperlants et les coupe‑vents font l’affaire.

Cela dit, pour n’avoir ni trop chaud ni trop froid, vous devez ajuster votre habillement tout au long de votre activité. Vous éviterez ainsi de transpirer puis de prendre froid à cause de l’humidité sur votre corps.

Les pantalons et les collants

Les pantalons de type « coquille souple » sont idéaux lors de sorties à faible ou moyenne intensité ou par temps froid. Si votre rythme est plus intense ou que le temps est doux, le collant s’avère une bonne option. Plus mince et plus ajusté au corps, il facilitera vos mouvements.

Les pantalons et les collants doivent être résistants à l’eau pour vous protéger de la neige si vous tombez.

Les tuques et les gants (ou mitaines)

Pour éviter de trop transpirer et d’avoir les cheveux mouillés, puis d’avoir froid lorsque vous vous arrêtez, optez pour une tuque mince en mérinos ou en fibres de polyester.

Apportez deux paires de gants ou de mitaines. Portez la paire la plus chaude pour commencer et, une fois que votre corps sera réchauffé, échangez‑la pour la plus légère. Choisissez des modèles minces, doublés et coupe‑vents.

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