Chasser l’orignal en réserve faunique

Une expérience inoubliable

Par Louis Turbide, rédacteur en chef de 100 % CHASSE PÊCHE

En 2025, j’ai eu le privilège de vivre une expérience de chasse à l’orignal hors du commun avec ma conjointe, dans l’emblématique réserve faunique de Matane. Chaque année, lorsque revient le temps des Fêtes, une tradition s’installe : je m’inscris avec fébrilité au tirage au sort de la Sépaq, espérant décrocher la fameuse confirmation qui me permettra de retourner en territoire de rêve.

Depuis plus d’une décennie, je chasse à mon chalet en Mauricie, mais lorsque j’ai la chance de mettre la main sur un forfait de chasse en réserve faunique, je n’hésite pas une seule seconde. Ces territoires offrent une qualité de chasse exceptionnelle, des paysages à couper le souffle et un environnement idéal pour perfectionner ses techniques ou initier un nouveau chasseur.

Réserve faunique de Matane Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane Louis Turbide | © Sépaq

L’art de maximiser ses chances

En décembre 2024, j’ai étudié en détail toutes les offres disponibles avant d’envoyer près d’une vingtaine d’applications. L’éventail de choix est impressionnant. Pour espérer décrocher le gros lot, il faut jouer stratégique et viser plusieurs réserves.

Ceux qui connaissent bien le système le savent : même une place sur la liste d’attente peut se transformer en belle surprise. Certains groupes gagnent deux séjours et doivent en libérer un, créant des occasions inattendues. C’est ainsi que, l’an dernier, ma conjointe s’est retrouvée 31e sur la liste d’attente de Rimouski… avant que nous recevions un appel inattendu : une invitation pour rejoindre un groupe double dans la réserve faunique de Matane. Trente ans après ma dernière chasse là-bas, impossible de refuser!

Le grand frisson du tirage

Chaque année, la sortie des résultats du tirage de la Sépaq provoque une véritable vague d’excitation dans le monde de la chasse. Des milliers de passionnés, moi le premier, actualisent frénétiquement leur boîte de courriels dans l’attente du verdict. Dès que les premiers résultats tombent, c’est la folie : les discussions s’enflamment sur les réseaux sociaux, les chasseurs partagent leurs victoires, leurs anecdotes, leurs destinations… Cette énergie collective fait partie intégrante de la magie Sépaq.

Une préparation stratégique, gage de réussite

Entre la publication des résultats et l’appel officiel des gagnants, une dizaine de jours s’écoulent — un moment crucial à ne pas négliger. C’est le temps d’analyser les statistiques de récoltes, les observations de bêtes, d’étudier les cartes des zones et d’échanger avec des chasseurs d’expérience.

Pour ma part, j’y consacre des heures : rien n’est laissé au hasard. Une bonne préparation ne garantit pas le succès, mais elle en augmente considérablement les chances et rend l’aventure encore plus gratifiante.

Être prêt pour le grand appel

Quand vient le moment où la Sépaq commence à contacter les heureux gagnants, tout va très vite. Il faut être prêt, disponible et organisé. Avant cette journée tant attendue, identifiez 5 à 10 zones prioritaires et classez-les selon vos préférences de dates. Grâce à la transparence du système de réservation, on peut désormais suivre en temps réel la progression des appels et ajuster son choix au fur et à mesure.

Cette efficacité et cette modernité témoignent du professionnalisme de la Sépaq, qui fait de chaque tirage et de chaque séjour une expérience de chasse mémorable et accessible à tous.

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane - C’est à la suite d'une invitation que l’auteur et sa conjointe ont pu se greffer à un groupe double pour une chasse à l’orignal dans la réserve faunique de Matane. Louis Turbide | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane - L’équipe est allée visiter sa zone au printemps et a érigé quelques salines question de voir le potentiel de la zone. Ils n’ont pas été déçus! Louis Turbide | © Sépaq

Réserve faunique de Matane

Pour ce séjour, notre choix s’est arrêté sur la zone 10 B pour la période du 30 septembre au 4 octobre. Un séjour en camp rustique en groupe double dans une zone de 21,92 km2 . Comme la saison précédente, j’avais décidé de vivre ce moment avec ma conjointe Line. Objectif : lui faire récolter son premier orignal. Tout était maintenant en place et tout ce beau monde avait hâte au printemps pour aller visiter ce territoire fort prometteur. Ce n’est pas une obligation d’aller visiter son territoire en réserve faunique, mais cela vous donne une longueur d’avance. Il est intéressant de savoir que la Sépaq offre un rabais de 25% au groupe de chasseurs qui désirent louer un chalet pour aller visiter leur zone et en profiter pour pêcher.

Ainsi, au cours du mois de juin, nous sommes allés marcher sur les sites les plus prometteurs et nous avons fait des salines avec les produits Import Export Fourrures! Puisque le signal cellulaire était suffisant dans certains secteurs de notre zone, le choix de l’emplacement de quelques salines avait été fait pour permettre la réception des photos tout au long de l’été, question de rêver encore plus à notre fameux séjour.  Il ne restait qu’à patienter jusqu’au 30 septembre!

Un début de chasse spectaculaire!

Jour 1 : 30 septembre

Puisque nous avions le droit de chasse dès notre arrivée dans notre zone, nous avons convenu de critères de sélection pour la première journée de chasse. Le groupe était d’accord pour récolter au minimum un mâle arborant des palettes pour la première demi-journée et la suivante. Nous étions tout de même à Matane, nous pouvions donc être difficiles un peu. C’est avec ce critère précis que nous avons pris d’assaut notre zone.

François, le doyen du groupe et un chasseur expérimenté, prit sous son aile Stéphane, Michel et Luc qui en étaient à leurs premières armes à l’orignal. Alain et Pierre composaient la 2e équipe, tandis que Line et moi formions la troisième. Lors de ma prospection printanière, j’avais découvert un site de rut à fort potentiel et un guide ayant chassé le secteur avant moi m’avait confirmé le tout. C’était un des bons secteurs de la zone! C’est donc dans ce coin de la zone que moi et Line avons débuté notre chasse.

Après une marche d’une dizaine de minutes en forêt, j’ai enfin trouvé l’endroit idéal pour amorcer une séance d’appel. L’action ne s’est vraiment pas fait attendre et après deux ou trois vocalises, un mâle s’est empressé de manifester son intérêt! Wow, je n’en revenais pas et Line était tout aussi surprise. Pour la première fois, je pouvais lui faire vivre ce que c’était de faire venir un mâle à l’appel. L’orignal était très excité et répondait sans cesse et progressait vers nous! Line était concentrée, sa carabine étant appuyée sur son trépied prête à faire feu.

Soudain, je vis apparaître le mâle un peu avant Line. À première vue, il s’agissait d’un mâle de 2 ½ ans, mais avec seulement un début de palettes. J’hésitais à lui donner l’autorisation de tirer, car l’animal ne correspondait pas à 100 % aux critères établis par le groupe. J’étais littéralement déchiré! Enfin, le moment tant attendu de faire récolter un buck à l’appel à Line se déroulait devant nous et je ne voulais pas décevoir le reste du groupe. Comme si ce n’était pas assez, le buck était subjugué par mes appels et l’urine de jument en chaleur de la compagnie Import Export Fourrures que j’avais aspergée tout autour de nous. Après s’être offert en cible une première fois, le buck a décidé de nous contourner pour tenter de nous identifier, mais en aucun temps il a compris le subterfuge. À plusieurs reprises, Line aurait pu faire feu, mais puisque le séjour ne faisait que commencer, nous avons décidé de le laisser partir. Quel moment incroyable que nous avons pu filmer. Je me rappelle très bien avoir dit à Line : « Regarde ma chérie, c’est ça la réserve faunique de Matane! »

Nous étions sur un nuage lorsque le mâle est reparti en émettant quelques rots! Après cette scène qui valait déjà à elle seule le prix du voyage, un autre mâle s’est manifesté en brassant son panache sur un arbre alors qu’une femelle tentait de le retenir. En moins de deux heures, j’avais déjà fait vivre à Line plus d’action qu’elle n’en avait vécu jusqu’à présent à la chasse à l’orignal. Simplement wow! Puisqu’il restait à peine 30 minutes avant la fin de la chasse de ce premier soir, j’ai décidé de laisser le secteur tranquille et d’aller caller quelques centaines de mètres plus loin. Presque arrivé à l’endroit choisi, quelle ne fut pas ma surprise de croiser un grand mâle qui devait friser le 50 pouces de panache qui s’en venait sur mes appels précédemment émis. L’action s’est déroulée tellement vite que nous n’avons pas eu le temps de tenter quoi que ce soit. Pour une entrée en matière à la réserve faunique de Matane c’était au-delà de mes espérances.

Jour 2 : 1er octobre

Pour la deuxième journée de chasse, nous avions décidé d’attaquer le secteur de la veille, mais par un autre endroit pour s’assurer d’y rentrer à bon vent. Une petite marche d’environ 500 mètres qui nous a pris plus d’une heure tellement les 300 derniers mètres étaient impénétrable, mais vous savez quoi? Les orignaux étaient de l’autre côté de ces aulnes, on les entendait vocaliser lors de notre progression. C’était tout simplement magique!

Ainsi, après avoir traversé cette forêt dense, nous avons rapidement trouvé une souille d’orignal fraîche. J’ai donc décidé d’y faire une séance d’appels. Les réactions des orignaux tout autour de nous n’ont pas tardé. Certaines femelles très près de nous étaient littéralement fâchées d’entendre une nouvelle femelle tenter de leur voler leur mâle et elles se manifestaient très bruyamment. Le bois était par contre trop sale pour tenter une approche fructueuse. Un spectacle incroyable qui s’est arrêté lorsqu’un des orignaux a détecté notre présence. Nous avons passé une grande partie de la journée dans ce secteur qui nous a permis de trouver une dizaine d’autres souilles et d’entendre quelques orignaux nous répondre sans succès cette fois-ci. 

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane - Lors de la 2e journée du séjour, la découverte des signes frais de la présence des orignaux s’est multipliée comme en témoigne cette photo d’une souille fraîche. Louis Turbide | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane - Lors de la 2e journée du séjour, la découverte des signes frais de la présence des orignaux s’est multipliée comme en témoigne cette photo d’un tas de poils d’orignal. Louis Turbide | © Sépaq

Jour 3 : 2 octobre

Comme c’est le cas lors d’un séjour de chasse de 4 jours, le groupe de chasseurs réévalue les critères de sélection à la baisse si aucune bête n’a été récoltée. Notre groupe n’a pas fait exception à cette règle non écrite. Il faut dire que les deux autres équipes du groupe, bien qu’elles aient eu un peu d’interaction, n’avaient pas eu de possibilité de récolte. Ainsi, pour se garantir une bonne venaison, il a été décidé d’autoriser de récolter une femelle adulte ou un mâle, quelle que soit l’envergure de son panache.

C’est en ayant ses consignes en tête que moi et Line avons pris le bois. Avant d’arriver à l’endroit où nous stationnions le camion, une belle grosse femelle nous a salués, mais l’heure légale de chasse n’était pas encore arrivée. Nous l’avons regardé s’éloigner, contents tout de même de l’avoir croisée. C’était encore un matin frais et sans vent, les conditions idéales pour avoir de l’action. Après avoir dialogué avec deux mâles différents et tenté une approche sans succès sur l’un d’eux, j’ai décidé de me diriger vers un ruisseau situé dans un secteur prometteur en faisant des stations d’appels lorsque je jugeais que le site choisi répondait à mes critères.

Lors de ce premier arrêt, j’entends craquer après quelques appels et je vois soudainement apparaître une femelle adulte d’un et demi selon mon évaluation. Elle est curieuse et nous regarde à peine à une centaine de pieds de nous. Je regarde Line et lui dis de la récolter. Étant muni de radio émetteur, je sais que les deux autres groupes n’ont rien vu encore. Line appuie sa carabine sur son trépied et mire la femelle et quand elle essaie d’appuyer sur la détente, le coup ne part pas et elle me regarde ne sachant trop quoi faire. Je me rends compte que son cran de sûreté est encore en place. Elle l’enlève et essaie à nouveau… rien! Pas de chance, son verrou est quelque peu relevé, ce qui l'empêche d’effectuer le tir… le temps de régler la situation, la femelle décide de partir et en quelques secondes elle n’est plus atteignable proprement. Décidément, on n’était pas dû pour récolter une femelle et surtout, un premier orignal pour Line.

Cela ne nous décourage pas et on continue notre marche vers le petit ruisseau. Chemin faisant, je m’arrête pour effectuer quelques appels de femelle. Une femelle me répond instantanément et je vois la silhouette d’un orignal au loin. Je décide d’avancer lentement en imitant une femelle réceptive quand soudain à environ 300 pieds, un grand mâle au panache imposant part en toute épouvante. Encore une fois pas de chance de tir! Je me rends compte que j’aurais dû approcher en faisant le mâle et en brandissant ma palette de rattling. Qu’à cela ne tienne, on continue notre marche pour arriver au ruisseau. L’endroit est magnifique et on décide de prendre une pause. Il est déjà midi. Je dis alors à ma conjointe qu’avec une température d’à peine 8 degrés Celsius les orignaux sont réceptifs toute la journée et que tout est possible à tout moment.

Je décide alors de lancer quelques appels. Immédiatement, un mâle me répond et s’en vient rapidement vers nous. En moins d’une minute, je le vois apparaître derrière quelques sapins. De mon angle, je le vois très bien, mais Line ne voit qu’une patte de l’animal. Puisque nous ne savons pas si l’animal avancera encore de quelques pas, Line me demande de faire feu. Pas question de le laisser partir. La détonation se fait entendre et l’orignal de 2 ½ ans s’écroule dans ses traces. Quelle journée incroyable! On se saute dans les bras et c’est le cœur léger qu’on se fait un égoportrait avec notre orignal. Le premier que nous avons récolté ensemble! Un moment magique!

Après les moments de joie, le reste de l’équipe vient nous rejoindre et il faudra 7 heures de dur labeur pour sortir la bête du bois. Des fois pour avoir de l’action, il faut lâcher les bûchers et pénétrer en forêt! Un vrai travail d’équipe!

Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane - Lors de ce séjour, la conjointe de l’auteur a eu plus d’une chance de récolter son premier orignal. Louis Turbide | © Sépaq
Réserve faunique de Matane
Réserve faunique de Matane - La conjointe de l’auteur et Stéphane qui a réussi à récolter le deuxième mâle du séjour. Louis Turbide | © Sépaq

Jour 4 : 3 octobre

Pour la chasse du lendemain, puisque François s’est porté volontaire pour aller porter notre orignal à la chambre froide de la réserve, il est décidé que j’accompagnerai Stéphane, Michel et Luc et j’agirai comme guide pour eux. Après une première station d’appels sans action, je décide de nous déplacer question de nous rapprocher d’un site où je veux que mes appels se rendent. Après quelques appels, j’entends une timide réponse de mâle et ensuite une femelle manifester clairement son mécontentement. Mes trois comparses sont aux aguets quand soudainement j’entends clairement les deux orignaux marcher à environ 200 mètres de nous. C’est le temps de prendre rapidement une décision.

Je fais signe à Stéphane de me suivre. Pas question d’avancer à 4 vers les orignaux. Je vaporise ma palette d’urine de mâle de la compagnie Import Export Fourrures et je me mets à faire du rattling tout doucement. Le mâle embarque instantanément et en quelques secondes nous le voyons apparaître en balançant son panache. Le spectacle est magique. Stéphane fait feu et l’animal s’effondre dans ses traces! Wow! Une chasse rapide sans bavure qui a permis à Stéphane de récolter son premier orignal à vie sous les yeux de son frère Luc et de son ami Michel.

Cette récolte sonne la fin de cette chasse à la réserve faunique de Matane. Personnellement, je n’avais pas eu autant d’action à l’orignal depuis ma dernière visite dans cette réserve il y a plus de 30 ans! Ce fut tout simplement incroyable! Récolter un orignal à l’appel avec ma conjointe est un moment dont je rêvais depuis longtemps et faire récolter le premier orignal aussi à l’appel à un membre du groupe a été un autre moment magique que j’ai pu vivre dans cette réserve d’exception.

La chasse à l’orignal en réserve faunique, c’est bien plus qu’un simple séjour : c’est une aventure humaine, un retour aux sources et une rencontre privilégiée avec la nature sauvage. Grâce à la Sépaq, chaque automne devient une nouvelle occasion de vivre la passion de la chasse dans ce qu’elle a de plus noble et authentique. Pour vous aussi vivre de telles aventures, commencez par la première étape et tentez votre chance au tirage au sort! Bonne chance!

En savoir plus sur les tirages au sort

Soyez informé

Inscrivez-vous aux courriels de la Sépaq et soyez le premier à connaître nos nouveautés, nos offres et nos promotions spéciales.

S'inscrire