Chasse 2025

Coup d’œil sur les récoltes de la saison

Sur les territoires de chasse de la Sépaq, chaque moment de chasse prend une dimension unique. Au-delà des trophées, il s’agit de renouer profondément avec la nature, de transmettre des savoirs précieux entre les générations, de prendre des décisions réfléchies dans le calme des bois et de tisser des liens solides entre passionnés. Ce texte met à l’honneur quatre récits authentiques, portés par des gens qui vivent la chasse avec respect, discernement et une grande sensibilité. Qu’il s’agisse d’une approche en finesse, d’une première expérience en famille, d’une journée où tous les éléments s’alignent ou d’une quête menée avec rigueur et passion, toutes ces histoires illustrent différentes façons de vivre la chasse… et de s’en souvenir longtemps.

Peut-être que la prochaine histoire sera la vôtre! N’hésitez pas à utiliser le mot-clic #sepaq ou à identifier @sepaq_chassepeche dans vos publications pour partager vos plus belles aventures et inspirer d’autres amateurs à explorer nos territoires et à rencontrer le gibier.

Sépaq Anticosti Sépaq Anticosti
Sépaq Anticosti La Halte Studio | © Sépaq

Quand la stratégie rencontre l’instinct

La chasse à l’orignal d’Anthony Pinette à la réserve faunique des Laurentides

© Anthony Pinette

Anthony et son groupe démontrent que la préparation est la clé d’une chasse efficace. Avant même de mettre le pied sur le terrain, ils ont investi de nombreuses heures à étudier les cartes, à analyser les courants de vent, les zones de passage et les comportements du gibier. Rien n’a été laissé au hasard.

Cette approche méthodique leur permet de repérer des indices subtils : traces, frottages, déplacements. Une fois sur place, ils misent sur la chasse fine, une technique qui demande discrétion, patience et précision. L’objectif : s’approcher sans brusquer, en respectant le rythme de la nature.

Un élément stratégique fait la différence : l’utilisation d’un parfum adapté, conçu pour attirer les mâles en période de rut. Ce choix porte fruit. Un orignal mature s’approche, intrigué. À seulement 12 pieds de distance, le tir est effectué avec précision et sang-froid : un geste respectueux, dans les règles de l’art.

Le résultat : on récolte un orignal impressionnant, avec une ramure de 48 pouces. Une prise rare, qui témoigne autant de la qualité du territoire que du sérieux de l’équipe.

Ce type de chasse est un bon exemple de ce que signifie une pratique responsable. Elle repose sur la connaissance du terrain, le respect de l’animal et une bonne dose d’instinct. Ce n’est pas la chance qui a mené à ce succès, mais une stratégie bien pensée et exécutée avec rigueur.

Félicitations à Anthony et à son groupe pour cette chasse mémorable. Leur expérience rappelle que la chasse, lorsqu’elle est bien pratiquée, est une activité qui valorise l’observation, la patience et le respect de la faune.

Deux récoltes, une journée marquante

La chasse au cerf de Virginie de François Lapointe à Sépaq Anticosti

© François Lapointe

La chasse, c’est parfois une question de patience, d’endurance et de lecture du territoire. Et parfois, tout s’aligne. C’est exactement ce qui est arrivé à François lors d’une journée exceptionnelle sur l’île d’Anticosti.

Dès l’aube, il retourne dans une plaine dans laquelle un beau huit pointes lui avait échappé l’année précédente. Cette fois, le décor est vivant : femelles, veaux, jeunes mâles. Tout ce mouvement rend l’observation plus complexe et demande de rester concentré.

Puis, au loin, François aperçoit un chevreuil au pelage foncé, ses bois encore recouverts de velours — un signe de maturité en début de saison. L’approche est lente, méthodique. Le vent souffle fort, trop fort pour un tir sécuritaire. François attend et observe, mais le chevreuil disparaît.

Quelques minutes plus tard, le fameux huit pointes réapparaît à seulement 20 mètres. François est prêt. Le tir est précis. La récolte est réussie.

Mais la journée ne s’arrête pas là.

En fin d’après-midi, alors que le soleil descend, un autre cerf se profile à l’horizon. François reste fidèle à sa stratégie : prudence, discrétion, efficacité. Il se positionne derrière un bosquet de mélèzes, rampe dans un étang asséché, s’installe derrière un arbre pour stabiliser son tir. Le panache est impressionnant : un neuf pointes. Encore une fois, la technique et la connaissance du terrain font la différence.

Deux chevreuils en une seule journée : voilà une récolte qui nourrira ses proches pendant des mois. Mais au-delà du gibier récolté, il conclut sa chasse avec le sentiment d’avoir vécu une journée où tout s’est imbriqué parfaitement — comme une récompense pour les années d’expérience et l’amour profond qu’il porte à cette île unique.

François termine sa journée hors signal, caméra à la main, entouré d’amis. Sur Anticosti, les souvenirs sont aussi précieux que les récoltes.

Une recherche inoubliable

Avec Chantal Bellemare à la réserve faunique de Matane

© Jean-Philippe Leclerc

Le 24 octobre 2025, Chantal, conductrice de chien de sang depuis 17 ans, a vécu l’une des recherches les plus marquantes de sa carrière sur la réserve faunique de Matane. Accompagnée de sa fidèle chienne Bellis et de son partenaire Francis, elle est appelée par deux chasseurs, Robert Cormier et son ami Jacques, pour un « contrôle de tir » : l’orignal a été atteint, mais aucun indice n’a été trouvé sur place — ni sang, ni poils, ni trace évidente.

Cinq heures après le tir, l’équipe arrive sur les lieux. Chantal prend le temps d’analyser le corridor de tir, la position de l’orignal et sa réaction. L’animal a zigzagué sur une vingtaine de pieds avant de disparaître derrière un amas de branches, sans laisser de signe de chute. Les chasseurs ont fouillé le secteur sans succès avant de faire appel au service gratuit de recherche avec chien de sang offert par la Sépaq.

Bellis entre en action. En moins d’une minute, elle identifie la trace et commence à suivre l’orignal dans le bûcher. Après environ 300 mètres, elle trouve du sang — abondant. Le contrôle de tir devient officiellement une recherche. L’orignal poursuit sa fuite, longeant le bas d’une montagne abrupte de 600 mètres avant de commencer à grimper. Dans la pente, le sang devient très abondant. Chantal trouve même un fragment d’os, signe probable d’une patte cassée.

Au sommet, dans une forêt dense, Bellis mène l’équipe à deux couches froides. L’orignal s’est arrêté, puis a repris sa route. À 200 mètres de là, une reposée debout encore chaude confirme qu’il vient d’être levé. Chantal arrête tout pour analyser la situation et rappeler les consignes de sécurité. Elle détient le permis pour effectuer des recherches armées, et il est clair que si l’orignal ne fuit pas, elle devra intervenir.

Après 20 minutes d’attente pour calmer l’animal, l’équipe reprend la piste. Un des chasseurs aperçoit l’orignal qui s’éloigne lentement. Chantal et Francis poursuivent seuls, très prudemment. À 40 mètres du chemin, ils trouvent une couche fraîche. Dix minutes plus tard, ils repèrent l’orignal, couché, les observant. Chantal se déplace latéralement, ajuste son tir et abrège les souffrances de l’animal avec précision.

Elle crie de joie dans la forêt, espérant que les chasseurs entendent. Ils répondent, et tous se retrouvent avec émotion. L’orignal, retrouvé à 15 h, se trouve à 2 km du lieu du tir initial. La recherche aura duré trois heures, menée avec rigueur, respect et sécurité.

Une reconnaissance bien méritée

Au-delà de la réussite technique, cette recherche représente pour Chantal un moment fort de sa carrière. Depuis 17 ans, elle s’implique bénévolement comme conductrice de chien de sang, avec passion et détermination. Elle a consacré des années à faire évoluer les pratiques, à défendre la légitimité des recherches armées en présence du chien et à sensibiliser le milieu faunique à cette approche respectueuse et encadrée.

Cette recherche, menée avec Francis, Bellis et les chasseurs Robert et Jacques, incarne tout ce qu’elle valorise : le travail d’équipe, la rigueur, la sécurité, le respect du gibier et l’émotion partagée. Pour elle, ce n’est pas seulement une réussite sur le terrain, c’est aussi l’aboutissement d’un engagement de longue haleine pour une chasse plus responsable.

Ce moment vécu dans les bois de Matane restera gravé dans les mémoires — pour elle, pour Bellis, pour Francis et pour les chasseurs.

Là où la relève prend racine

La chasse au petit gibier de Jean-Philippe Leclerc à la réserve faunique Ashuapmushuan

© Jean-Philippe Leclerc

Depuis qu’ils sont tout petits, les enfants de Jean-Philippe l’accompagnent à la chasse au petit gibier, de façon directe ou indirecte. Quand ils étaient encore trop jeunes pour venir avec lui, il leur rapportait toujours, à chaque sortie, au moins une prise entière – une gélinotte ou un tétras – pour qu’ils puissent voir concrètement d’où venait la viande qu’ils mangeaient. Ensemble, ils prenaient le temps de l’observer, de la préparer, de la comprendre. C’était à la fois un cours de biologie et un cours de cuisine, mais surtout une façon d’entretenir ce lien essentiel entre le territoire, la nature et ce que l’on met dans nos assiettes.

Les années ont passé, et cette saison-là, Jean-Philippe a senti que ses filles étaient prêtes. Prêtes en âge, mais aussi dans leur tête et dans leur cœur. Il a choisi de les emmener à la réserve faunique Ashuapmushuan, un territoire qu’il avait déjà parcouru à deux reprises pour différents projets. Il y avait découvert un environnement riche, vaste, idéal pour initier de jeunes chasseurs. Et quelque part, il avait gardé cette idée dans un coin de sa tête : y revenir un jour avec ses enfants, pour leur faire vivre leur première vraie chasse.

Ils prennent la route de Québec au petit matin, vers le grand nord du Lac-Saint-Jean. Cette route, il ne s’en lasse jamais : les lacs qui s’allongent à perte de vue, les forêts de conifères qui s’éclaircissent à mesure qu’on s’enfonce, et cette impression de liberté qui s’installe dès qu’on quitte l’asphalte. Une fois arrivés, ils s’installent, puis prennent le temps de pratiquer les tirs sur cible, histoire que ses filles se familiarisent avec leur arme. Le lendemain, le réveil se fait dans le noir, sous un ciel d’étoiles. En roulant vers le sentier qu’il avait repéré la veille, la lumière commence à poindre, dévoilant les bouleaux et les mélèzes dorés par l’automne.

À peine quelques mètres parcourus, trois tétras se montrent. Ses filles le laissent tirer le premier, afin d’observer. Le tir est net, l’oiseau tombe. Les deux autres s’envolent, et ses filles y vont chacune leur tour. La plus vieille, concentrée, respire un grand coup et réussit. La seconde, plus nerveuse, fait de même. Deux beaux tirs, deux beaux sourires. Et son garçon, encore trop jeune pour participer, observe chaque geste, les yeux grands ouverts.

De retour au camp, ils s’installent dehors. Ensemble, ils plument, nettoient, préparent. Puis, sur le feu, une soupe chaude, improvisée, pleine de sens et de fierté. Ce moment-là, simple et vrai, résume pourquoi Jean-Philippe chasse : pour transmettre, comprendre et goûter la forêt, en famille.

Planifier sa prochaine aventure, ça commence ici!

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